Histoire de Guitar Poppa

histoire, et mes guitares


C’est l’histoire d’un adolescent des sixties, nourri par la pop et le blues boom anglais : des sons nerveux et timbrés, top boostés, ou gras et poilus. Comme beaucoup à l’époque, j’ai commencé à bricoler l’électronique : démonter des postes de radio à lampes pour récupérer des pièces, et essayer de les transformer en ampli de guitare…

Le matériel était alors hors de prix, et ce fut la meilleure des raisons pour apprendre à construire le mien. Mes études scientifiques m’ont ensuite persuadé que pour ne pas faire fumer mes montages, il fallait apprendre à les calculer. C’était le bon moment : l’apogée des lampes, et la démocratisation des premiers transistors au germanium. Il m’en est resté des sensations chaudes et douces à l’oreille et quelques équations fondamentales.

Avoir un son

Apprendre à manier la guitare et concevoir le matos de mes groupes, c’est venu ensemble. Faire jouer l’instrument, avoir son propre son, et que le groupe ait le sien, c’était le même désir.

Devenu professeur de design, j’ai été amené à réfléchir sur les raisons qui déterminent un produit. Cela m’a protégé des fétichismes et de l’hyper technologie. J’ai peu à peu compris pourquoi telle marque ou tel modèle étaient devenus des références : deux ou trois intuitions, des circuits simples mais essentiels, des composants choisis, et beaucoup d’essais sur le terrain…

A la fin des sixties, le son de guitare se touillait selon deux tendances opposées : les treble booster pour les amateurs de sons cinglants, et les fuzz pour les amateurs de son ébouriffés… Des circuits simples pour apprendre…

A la fin des 70s, plein de nouveaux matériels sont arrivés. Les anglais étaient toujours aussi créatifs, mais ils ont été un peu masqués sur le plan marketing par les américains et surtout par les japonais. Les petites pédales nippones étaient sexy et pratiques. Elles séduisaient pendant quelques semaines après l’achat, mais mis à part certains modèles devenus « culte », elles sentaient souvent la pharmacie. A l’inverse, les pédales américaines de chez Electro Harmonix étaient souvent peu soignées, mais leurs défauts étaient sympathiques, et elles étaient musicalement plus cultivées.

Les années quatre-vingt et quatre-vingt dix ont vu naître un conflit entre sons propres et synthétiques d’une part, sons crades et organiques de l’autre. C’était plus profond que la querelle guitare-synthé : sur le plan technologique comme sur le plan musical, deux écoles sonores se dressaient l’une contre l’autre. Petit à petit, j’ai cherché des sons moins cristallins et recommencé à explorer des grains plus charnus.

Il y a aussi eu une révolution discographique : Grâce aux derniers feux du disque noir, à la multiplication des compiles sur CD, et l’arrivée d’éditeurs alternatifs, on a pu facilement tout (re)trouver et se gorger de sons juteux : la rééditions des classiques du rock n’ roll, du blues et de la soul, le nettoyage posthume des enregistrement jazz des années 30-50, tout cela réapparaissait, extraordinairement pris et mixé malgré le peu de moyens.

Des sons à la fois crades et élégants, des amplis qui réagissait comme un corps vivant au bois de la guitare, aux doigts des musiciens. Il me fallait ré-apprendre à travailler dans cette démarche organique et sensuelle.


Guitar Poppa.com

Mais mon boulot professionnel me bouffait le temps, et si j’ai bien avancé en guitare et en électronique, cela a été plus lentement que je l’aurais souhaité… Me voilà enfin libre depuis qulques années.  A 65 ans, j’ai pris conscience de toute cette expérience, et je regarde mon stock de composants vintage acquis patiemment…

J’ai décidé en 2016 d’ouvrir le site GuitarPoppa.com :
Créer et vendre des trucs bien mûris, faits à la main,
des trucs pour faire plaisir aux guitares.
(et aussi aux harmos !)

Bandeau medium rouge - L15

Liens

La suite : Le projet Guitar Poppa

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La page FB de Guitar Poppa

Autres liens

Rétro-forum, pour les amateurs francophones d’électronique antique.

Diystompboxes, le site de référence aux USA.

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