Les buffers d’entrée

Les buffers sont des étages-tampons que l’on interpose entre une source de signal et un circuit actif. Cet article concerne les buffers que l’on peut trouver sur l’entrée guitare des pédales. Ils n’apportent pas d’amplification, mais assurent l’adaptation des impédances. Ceci évite des pertes qui ramolliraient le son, et l’apparition de parasites.
Ces circuits sont parfois mal considérés par les puristes du vintage, sous prétexte que les circuits historiques n’en avaient pas — et que les pédales japonaises en sont truffées.

Guitar Poppa ne pouvait rester indifférent à cette querelle électronico-esthétique !


Propriétés fondamentales des buffers d’impédance

Leurs première propriété est d’avoir une entrée à haute impédance.
Ils sont très peu gourmands : ils prélèvent un courant extrêmement faible sur la source, ce qui préserve le niveau du signal, la qualité de ses harmoniques et des transitoires.

Leur seconde propriété est d’avoir une sortie à basse impédance.
Ils sont costauds et généreux : Ils peuvent débiter dans des circuits gourmands comme certaines Fuzz anciennes, les contrôles de tonalité, les entrées de mixeurs. Ils sont également capable de nourrir sans pertes des câbles longs, bons ou mauvais.


Le buffer en entrée de pédale

Buffers d'entrée


L’entrée de la pédale se fait exclusivement par le buffer.
• La pédale entre toujours en haute impédance, et ne suce jamais trop sur les micros.
• Les guitares apprécient de conserver leur niveau, leur clarté et leur dynamique.

Le buffer fournit un signal basse impédance à tous les circuits avals
• Le circuit d’effet est attaqué par un signal intact, non ramolli.
• Le signal « dry » (bypass) est enfin bien traité : il ressort parfait et costaud.


Avantages

Les principaux avantages fonctionnels se trouvent dans la connectivité.

Tout ce qui sort de la pédale est en basse impédance.
En mode bypass : le buffer fournit un signal « dry » parfait en sortie.
En mode effet : Un circuit d’effet de qualité sort naturellement en basse impédance.

Chaque pédale est donc capable de prendre en charge tout ce qui vient en aval.
• Les pertes dans les câbles, même de plusieurs mètres, même fuiteux, sont minimes.
• Le signal fourni aux circuit avals n’est plus assombri ou émoussé : il s’impose.

Par conséquent, les pédales à buffer d’entrée éliminent les problèmes de chaînage.
• Il n’y a plus de problèmes d’incompatibilité et d’ordre de branchement entre pédales.
• Chaque pédale sert d’adaptateur à celles qui viennent en aval, et en profitent.
• En particulier : les pédales True Bypass connectées en aval d’une pédale à buffer d’entrée bénéficient du buffer ; elles travaillent alors mieux et sans bruits !


Circuits - Buffers - en vrai

Buffer d’entrée d’une Fuzz LikeYourFace basique, mettant en oeuvre un transistor BC549b.



Critiques traditionnelles

A propos du buffering, les amateurs de son vintage les plus exigeants, ou les plus routiniers, émettent des critiques portant sur deux points :
• D’une part la crainte de perdre certains sons quasi-magiques, certains « mojos ».
• D’autre part la gêne de sentir des commandes qui répondent différemment.

« Le buffer d’entrée change le son « 

Un circuit d’effet bufferisé reçoit un signal propre, moins sujet aux aléas, mais aussi aux « bons défauts » de la chaîne sonore.
Effectivement, certaines chaînes sonores discutables sur le plan théorique peuvent donner globalement une couleur et un grain inimitables. Il faut avouer que le mystère du vintage tient souvent à ces belles rencontres pourtant douteuses sur le papier.
Maintenant il faut également avouer que de telles configurations sont un peu toujours les mêmes, et sujettes à aléas : changez de câble ou d’un bout de matos, et tout le son peut changer, voire se perdre…

On se trouve alors devant une alternative :
• D’un côté un son très affectif et typé, mais un peu toujours le même, lié à une technologie rudimentaire, avec les risques de pertes de présence et les bruits de fond qui vont avec.
• De l’autre un son moins conservateur. Il est plus fiable et pas forcément si éloigné des modèles historiques.  Il est souvent plus riche à travailler et permet des colorations plus personnelles. A chacun de choisir…

« Le réglage du volume de la guitare est tout décalé »

• Le buffer tirant bien moins sur la guitare qu’un circuit ordinaire, on ressent comme une élévation du niveau. La course habituellement très sensible du potentiomètre de volume de la guitare s’élargit du fait de l’impédance d’entrée accrue : L’overdrive ou la disto viennent avec plus de présence. L’effet de clean up des Fuzz Face quand on baisse le volume est toujours là, mais il faut manœuvrer plus largement le bouton pour le retrouver.
• Rien n’est changé, mais tout est changé, ou l’inverse… Question d’habitude.

« Les contrôles de tonalité n’ont plus le même effet »

• Les contrôle de tonalité semblent avoir plus d’effet, en particulier dans les positions graves et quand le volume est au maximum. Les résonances dues à l’interaction entre le condensateur passe-bas et l’inductance des micros s’accentuent vers le bas medium.
• Un dilemme s’installe : cet effet assombrissant quand on baisse le Tone est-il un défaut propre au buffer, ou bien celui-ci nous révèle-t-il que le traditionnel condensateur de tonalité de 47nF est la plupart du temps surdimensionné, et qu’un 27nF ou un 33nF seraient plus chantants ?

Je respecte ces arguments critiques face aux buffers

Ces arguments sont à la fois très subjectifs et très compréhensibles.
Peut-on dire pour autant qu’un circuit d’effet fonctionne moins bien après buffer ?
Le buffer restitue des potentialités sonores qui étaient souvent perdues dans les désadaptations d’impédance et les câbles fuiteux.

Du coup, il demande de maîtriser une gamme plus large de réglages, ce qui bouscule un peu nos habitudes de guitaristes : on peut avoir l’impression de perdre certaines sensations-fétiches. C’est l’histoire du doudou qui est passé à la machine à laver : il va falloir lui redonner son odeur…

N’empêche que les buffers, s’ils dérangent certaines habitudes, amène une solidité et une largeur sonore qui valent la peine d’être explorée. A chacun de se l’approprier.



Les pédales de Guitar Poppa : avec ou sans buffer ?

J’ai choisi de les construire sur le principe du buffer d’entrée, car je crois aux avantages des liaisons en basse impédance, et parce que mes circuits d’effet sont conçus pour prendre en charge sans acidité la nervosité ramenée par les buffers.

Mes pédales se veulent à la fois proches de leurs aînées et plus souples dans leur connectivité avec d’autres pédales, moins centrées sur un seul son ou un routage unique.
Toutefois je comprends bien les attentes plus traditionnelles de certains amateurs.

Sur commande et au même prix, je peux réaliser mes fuzz commutées à l’ancienne : sans buffers et avec un True Bypass. Il suffit de cliquer cette option au moment de la commande…

Cette offre ne concerne que les Fuzz, car mes autres pédales, en particuliers les overdrives sont au départ conçus avec un buffer d’entrée, et ne gagneraient rien à être transformées.


Aller voir : 

True Bypass

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